« C’EST l’histoire d’une fille », aurait dit Coluche. L’histoire d’Émilie, 19 ans, qui a ouvert les yeux l’année où le fondateur des Restos du Coeur a fermé à tout jamais les siens.
L’histoire ordinaire, et pourtant si humaine, d’une jeune bénévole qui peine à faire chuter la moyenne d’âge de l’association caritative albigeoise. « C’est vrai, il y a beaucoup de bénévoles, mais peu de jeunes », concède l’étudiante en terminale au Centre de Formation Professionnelle de Brens, près de Gaillac.
Stagiaire la semaine et bénévole le week-end, celle qui se défi nit comme une « fonceuse » est devenue accro à cette structure qu’elle a toujours connue. « C’est une association que l’on voit, celle que je connais le mieux », déclare presque naturellement la jeune femme, bercée par la génération « Enfoirés » depuis son enfance.
À raison de quinze jours par mois, en alternance avec ses cours de Brevet de Technicien Agricole option service en milieu rural, le stage d’Émilie a commencé de la manière la plus évidente qu’il soit, en septembre dernier, au coeur des bureaux de la délégation départementale des Restos du Coeur, situés à Cantepau. « Je ne voulais pas venir les aider sans comprendre le fonctionnement de la structure », explique la jeune habitante de Saussenac. À coup sûr, sa tête est bien plantée sur ses épaules !
Altruiste mais réaliste
Mardi 6 décembre, jour de la saint Nicolas, le saint patron des écoliers, Émilie découvre l’envers du décor des Restos du Coeur. « J’ai vraiment été impressionnée par le grand nombre de bénéficiaires. La file d’attente n’a pas diminué jusqu’à la fi n de la distribution ». Positionnée derrière le « rayon » dessert, confiture et autres fruits, la stagiaire voit défiler devant ses yeux des enfants, des personnes âgées, des jeunes... « Toutes les classes d’âge », s’étonne-t-elle. La réalité lui saute aux yeux. « Il est difficile de s’imaginer l’ampleur de la chose quand on ne la voit pas. Les chiffres ne parlent pas ! ». Le terrain, oui.
Bien qu’il s’agisse de son premier investissement bénévole, Émilie Ledoux, qui porte bien son nom, s’est toujours connue un caractère philanthrope. « J’en parlais encore avec ma grand-mère la dernière fois », intervient-elle brusquement. « Chez moi, la porte est toujours ouverte, c’est pareil pour elle ». À croire que c’est de famille !
D’autant plus qu’Émilie souhaite devenir, d’ici quelques années, éducatrice spécialisée auprès de jeunes en difficulté. La récompense qu’elle en attend : « qu’ils s’en sortent ! ».
Et si vous lui demandez pourquoi elle veut faire cela, elle vous répondra qu’elle « n’en sait rien, mais que ça doit sûrement venir de loin ». Une véritable vocation, en sens noble du terme, sans pour autant que celle-ci « ne déborde sur sa vie privée. Il faut faire la part des choses ». En plus de bien avoir la tête sur les épaules, ses pieds ne quittent jamais le sol ! Tout comme son bénévolat ne la quittera plus !
| Émilie Ledoux, 19 ans |
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| Ses traits de caractère : patiente, elle va au bout des choses mais n’aime pas rester en place. Sports : équitation, patins à roulette. Son but : aider les autres à s’en sortir. |
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