UNE ÉPICERIE sociale à Albi ? « Non, ce n’est pas une arlésienne ! », assure Gisèle Dedieu, conseillère municipale déléguée à la solidarité sur Albi.
Ce projet, vieux de plusieurs années, aurait pu voir le jour dès la fin des années 90. Mais faute d’une entente des partenaires* sur le choix du local (situé place du Castelvieil, il présentait l’inconvénient d’être sur plusieurs étages), le projet est resté au point mort.
Il a fallu attendre que chacun des partenaires exprime précisément ses attentes pour que la ville se remettre en quête d’un local adapté aux besoins : c’est-à-dire un lieu qui puisse abriter l’épicerie et son dépôt mais aussi les dépôts départementaux de la Banque Alimentaire (trop à l’étroit dans les locaux des anciens abattoirs) et des Resto du Cœur (basés à Lavaur, mais qui souhaitaient se rapprocher d’Albi).
Accessibilité
La perle rare a été trouvée, puisque les partenaires de l’association « Epicerie sociale » ont accepté d’aller s’installer dans les anciens locaux de la Coopérative Occitane, dont la surface (1100 m2) permettra de regrouper sur un même lieu toutes les structures d’aide alimentaire : « C’est un endroit très bien placé, situé au 150 avenue Colonel Teyssier, après le stadium. Il y a un arrêt de bus en face et un parking, gratuit », précise l’élue qui souhaitait que le lieu soit accessible à la clientèle concernée.
« Cette épicerie doit permettre au public en difficulté de parvenir à avoir du choix sur les produits alimentaires. Nous y associerons une démarche éducative et sociale pour que ce ne soit pas qu’une distribution. Une conseillère en économie sociale et familiale sera présente sur place pour guider les clients, les faire réfléchir sur leurs choix et équilibrer leur budget. Auparavant, une assistante sociale les aura reçus ».
Pour preuve que le projet est en passe de devenir réalité, la ville a signé dernièrement le bail de location. « Il reste à lancer les travaux, sécuriser le bâtiment, rafraîchir les murs et cloisonner les parties. J’ose espérer une ouverture avant la fin mars 2004 », glisse prudente mais confiante l’élue.
| Une épicerie sociale, comment ça marche ? |
|---|
| L’exemple de Mazamet L’épicerie sociale de Mazamet, à proximité du centre social du quartier de La lauze, est ouverte toute l’année (sauf en août), trois jours par semaine, les mardis, jeudis et vendredis, de 14 h à 16h45. Des bénévoles assurent les permanences et accueillent ainsi un public en difficulté qui y trouve d’une aide alimentaire adaptée à ses ressources : la vente des produits ne doit pas dépasser 10 % du prix public. L’épicerie est principalement fournie par la Banque alimentaire, elle est aussi approvisionnée en produits frais chaque jour grâce à un partenariat avec Attac et Leclerc, et par les jardins du Cœur. Les personnes reçues doivent produire les justificatifs de leurs revenus mensuels (500€ pour une personne seule, après avoir déduit le loyer, les dettes n’étant pas prises en compte). Deux bénévoles les guident (c’est « l’accompagnement caddie »), pour les aider à chiffrer la somme des produits achetés et orienter leurs choix afin d’équilibrer des menus. Le président de l’association René Carroussel chiffre à une soixantaine de familles les bénéficiaires venant à l’épicerie de décembre en mars, avec un afflux massif enregistré en mars et avril 2003 (169 familles accueillies). |