Deux troupes reconstituées, la VIII [1] et la Ve Alaudae ont proposé aux spectateurs samedi 20 et dimanche 21 septembre.
Deux journées en immersion totale dans les pratiques et les coutumes de la légion romaine du début de notre ère.
Ces journées ont été organisées à travers plusieurs conférences et démonstrations programmées :
30 à 40 légionnaires, costumés et armés, de jeunes citoyens et citoyennes romains habillés avec tout le raffinement de l’époque...
La VIIIème légion romaine "Augusta" première cohorte est un groupe de reconstitution qui s’applique à recréer avec un souci d’authenticité historique l’uniforme et l’équipement des légionnaires romains du 1er siècle après J.C. [2]
La VIIIe Legio c’est la légion d’Argentorate (Strasbourg) par excellence.
Elle a séjourné dans ce camp de la fin du Ier siècle ap J.-C jusqu’au début du Vème siècle.
Cette stabilité nous permet de mieux comprendre le rôle de l’armée dans la vie d’une province en suivant la vie des légionnaires au fil de leurs activités.
La manufacture du légionnaire romain
René Cubaynes donne des détails sur l’équipement des légionnaires. "Le pilum (sorte de javelot) est essentiellement une arme de jet ; dans la tactique de bataille il s’agit de désorganiser les rangs ennemis avant l’assaut au glaive." , explique-t-il.
Le pilum est à usage unique grâce à un système de fixation du fer sur la hampe par clavettes qui se brisent après l’impact.
"Les glaives Césariens (épées) sont longs ( plus de 70 cm.), servent de taille et d’estoc ce sont des armes adaptées aux combats singuliers. "
Ces armes étaient rarement en bronze, plutôt en fer. Les tranchants étaient fragiles et la rigidité aléatoire dus aux problèmes métallurgiques posés par le trempage. [3]
L’idée de protéger les parties les plus exposées du corps est très vite apparue (Assyriens ? ) et avec elle l’inconvénient d’une privation de liberté de mouvement, soit par encombrement, soit par surplus de poids. Lin tressé, cuir, ont été utilisés pour réduire la masse, au détriment de l’efficacité ; plaques pectorales, brassards, jambières en bronze ou en fer pour réduire l’entrave.
Les romains ont utilisé tous ces moyens, ainsi que des cuirasses d’origine Orientale en écailles métalliques et surtout les côte-de-mailles probablement d’origine Gauloise.
René Cubaynes poursuir "Le bouclier est d’un usage universel. Pourtant là aussi les romains vont apporter leur marque à tel point que le leur, le scutum est, encore aujourd’hui, emblématique de l’armement romain."
Matériaux, forme, usage vont être précisés et adaptés aux modes de combats de la légion.
| Pourquoi se rassemblent-ils, il sont fous ces Romains ?! |
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| La VIII Augusta et la Ve Alaudae, sont deux associations composées de quelques dizaines de passionnés originaires de toute la France. Ils vivent leur passion en participant par exemple à des reconstitutions, comme à Ostie ou à Rome. Enseignants, medecins, maçons... ils construisent, tissent, marchent et combattent avec un grand souci du détail. Ci dessus, Eracléa et Julius qui jouent à tour de rôle le soldat Romain ou l’esclave rebèle ! |
Le campement
Il a été reconstitué et est composé de plusieurs tentes, d’un amphithéâtre de bois et d’une exposition décrivant l’historique et les caractéristiques de la légion romaine.
Ainsi, les légionnaires sont un vecteur important de romanisation. Etant recrutés dans tout l’Empire et servant sur tous ses fronts ils diffusent largement leur culture romaine au gré de leurs différentes affectations.
Cette présence est renforcée par leur activité de construction, imposant à tout l’Empire un modèle d’urbanisme. Nombreuses sont les villes nées d’un camp de légionnaires dont le plan a certainement inspiré celui des villes romaines.
Galerie de photos
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Toutes les infos de la VIII Augusta
L’association recrute des volontaires, bénévoles, qui souhaiteraient endosser, même pour une journée, la lorica segmentata (l’armure), le galeum (le casque) et les caligae (les sandales).
Elle propose ses services (démonstrations, ateliers pédagogiques...) aux festivals et manifestations qui le souhaitent.
De plus, elle fait des interventions dans les collèges pour présenter l’équipement, la vie du légionnaire romain, l’armée et la vie quotidienne dans la Rome antique et son empire .
Contact : R. Cubaynes 05 63 53 01 67
[1] AugustaLa Ville légion se distingue pour la première fois dans l’Histoire en entrant dans l’armée de Caius Julius Caesar (en 58 av. J.-C.). Elle le suivra pendant 14 années (de 58 à 45 av. J.-C.), participant à toutes les opérations en Gaule, Italie, Espagne puis Afrique. Démobilisée à la mort de César puis réactivée par Octavien (le futur Auguste) elle combat pendant toute la Guerre civile, notamment à Philippes puis à Actium... Devenue Augusta par la grâce du nouvel empereur, elle installe ses quartiers à Poetevio puis à Novae (Bulgarie).
À deux reprises, elle intervient dans le cours de l’histoire romaine, favorisant l’arrivée au pouvoir de la dynastie des Flaviens puis de celle des Sévères :
En 69 après J.-C., l’année des quatre empereurs, elle prend le parti des Flaviens et combat contre Vitellius à Bedriacum (Piadena, près de Crémone en Italie) pour Vespasien. Victorieuse, elle part rétablir la Pax romana et installer un camp permanent à Mirebeau-sur-Bèze, tout près de Dijon. Sur ordre de Domitien, elle quitte ce camp pour celui de Strasbourg où elle restera plusieurs siècles, assurant l’essor de cette cité.
En 193 après J.-C., à la mort de Pertinax, elle choisit le gouverneur de Pannonie supérieure, un lybien né à Leptis Magna, Septime Sévère et favorise son accession à la pourpre impériale.
[2] C’est par la guerre que Rome fit sienne la Méditerranée, puis l’Europe jusqu’à la Baltique, le nord de l’Afrique, les confins de l’Asie. Cette entreprise incroyable, tant par son extension géographique que par sa continuité historique repose sur les légions. Autour des feux de camps, au fil des siècles, se brassent cultures et religions, se transforme la langue latine. Triomphe d’un peuple, d’une culture politique et militaire, qui façonnent une civilisation dont nous sommes les héritiers. De l’histoire vivante à l’archéologie expérimentale : L’histoire vivante s’applique à reconstituer un passé lointain pour lequel les sources littéraires demeurent trop lacunaires. Elle permet d’expérimenter les découvertes et les théories archéologiques, apportant ainsi à l’Histoire une contribution non négligeable.
[3] Chaque pièce d’équipement, chaque objet du quotidien d’un légionnaire renaît à l’identique grâce à l’étude des stèles funéraires, des bas-reliefs des monuments, des mosaïques, de rares peintures et surtout des découvertes archéologiques faites dans les camps militaires, les tombes ou les dragages de rivières. À ce stade nous bénéficions du concours de nombreux artisans spécialisés : Holger Ratsdorf, Bettina Maake et Dieter Krompholz (Allemagne), Godfrey Knigth et Sarah Juniper (Grande-Bretagne), Luc de Vos (Belgique), Jean-Michel Ferrey et Pascal Lavaud (France). Nous réalisons nous-mêmes les Lorica segmantata, les cottes de mailles, les cuirs (ceinturons, bourses, pochettes, sacs...). Les conseils de nos amis Peter Connolly, dont les ouvrages font le tour du monde, et Dan Peterson, auteur de La Légion romaine (éditions Histoire et Collections, Paris) guident notre travail. L’Histoire vivante devient ensuite archéologie expérimentale : les camps, les marches, avec ou sans bagages, les manoeuvres pendant lesquelles nous profitons de l’opposition amicale mais musclée de nos homologues celtes (Ambiani et Leuki) permettent de découvrir comment était porté et supporté cet équipement, les raisons d’une incroyable efficacité qui fit du légionnaire romain le meilleur soldat du monde pendant plusieurs siècles.
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