« Avec le développement du net en France, on a assisté à l’apparition d’une multitude de pages personnelles. Comme beaucoup de personnes, j’ai été séduit par cet outil de communication libre, gratuit et techniquement accessible ».
En effet, des millions de passionnés d’informatique ont créé des pages pour parler de leur passion, de leur famille ou tout simplement d’eux-mêmes.
Avec quelques photos, des cartes postales anciennes et deux ou trois documents à caractère historique, la première page consacrée à Milhars a été réalisée et hébergée grâce au club informatique vaourais Gazel-Web.
Ceux qui se définissent comme des « huluberlus s’adonnant à l’informatique de grange » ont partagé leurs compétences et leur passion avec le jeune Milharsais pour faire aboutir son projet.
Aujourd’hui, le site récolte les fruits d’un travail régulier d’actualisation et d’enrichissement des informations mises en ligne. « On exploite à la fois la vidéo, l’image et le texte », affirme l’animateur du site. Depuis le monde entier, un internaute peut découvrir le village tel qu’on le connaît aujourd’hui (la vallée de Bonnan, la rivière Cérou, le vieux village, l’église, la faune et la flore…) mais également plonger dans son histoire (les familles Cazillac et Lamoignon, la borne miliaire, les vestiges préhistoriques…).
Ensuite, quelques habitants illustres sont mis à l’honneur comme le peintre Albert Lemaître et l’Evêque constitutionnel Molinier. Enfin, le site offre à la consultation quelques documents à caractère historique sur les villages voisins de Lexos, Vaour ou encore St-Michel-de-Vax.
Si la fréquentation des pages n’est pas sa préoccupation, le jeune webmaster reconnaît tout de même qu’il est parfois étonné par les chiffres. Depuis le début de l’année, par exemple, la page d’accueil totalise plus de 2000 visiteurs. Si les Français sont majoritaires, on note un nombre constant de visiteurs francophones (Belges et Québécois), Hollandais et anglophones.
Il précise que « Les statistiques seraient encore plus surprenantes si on comptabilisait ceux qui accèdent au site par une de ses pages thématiques au hasard d’une recherche ».
Bien que les internautes soient moins enclins à laisser un courrier électronique aux créateurs de sites à l’occasion de leur passage, Matthieu garde en mémoire certains emails. Du Canadien lui envoyant une photo de sa plaque d’immatriculation au nom du village, aux nostalgiques que le travail a éloigné de Milhars en passant par ceux qui s’interrogent sur un lieu-dit ou entreprennent des recherches généalogiques, ces témoignages reflètent la diversité sociale et géographique du réseau.
« Le développement d’internet en zone rurale est un défi qui reste toujours à relever », regrette cependant Matthieu. L’absence de connexion à haut débit et la méfiance à l’égard du Web compliquent sérieusement la fédération des énergies autour d’un projet collectif. S’il ne manque pas d’idées pour faire évoluer le site (mise en ligne du bulletin municipal ou des actes de décès enregistrés à la mairie), le jeune Milharsais avoue qu’une évolution du site appelle désormais une mise en commun des énergies. « Beaucoup de sites internet ont été abandonnés par manque de temps. Ils ont disparu de la toile ou ne sont plus actualisés depuis des années. Ce phénomène empêche la construction d’un patrimoine numérique et c’est à déplorer ». Pourtant, dans l’attente d’éventuels relais, les pages existantes sont mises à jour au gré de l’évolution du village et des informations recueillis.
Ainsi, il ne fait aucun doute que Milhars pourra longtemps se targuer de faire partie des villages tarnais les plus visités sur internet.
