La restructuration du musée, abrité dans un bâtiment dont les premières pierres ont été posées au 12e siècle et qui a connu jusqu’au 20e siècle des évolutions, s’étale sur plusieurs années.
Une vue de l’ancienne terrasse de Bernis. Aux marronniers et tilleuls qui l’occupaient autrefois, ont pris place durant le chantier la base de vie, avec diverses zones de stockage. La restructuration achevée, les visiteurs iront voir les expositions temporaires dans les salles qui auront été aménagées sous terre.
Ce chantier exceptionnel nécessite de mettre en œuvre des technologies nouvelles en même temps que des techniques traditionnelles, de redoubler d’ingéniosité pour parvenir dans des zones inaccessibles aux machines, pour transformer des espaces pleins en espaces vides qui accueilleront de nouvelles salles d’exposition, pour cacher de la vue du public les câbles des divers systèmes de ventilation et d’éclairage des salles du musée. Démolir, reconstruire, aménager : les défis techniques sont immenses pour éviter de déstabiliser l’édifice et ne pas le défigurer. Ce travail est réalisé dans l’esprit de ses premiers bâtisseurs et Joseph Lo Iacono en est particulièrement fier.
La charpente en chêne d’époque (elle daterait d’avant le 17e siècle) est en parfait état. Construite pour éviter les infiltrations d’eau dans les salles de dessous, elle a permis d’abriter une terrasse, appelée « terrasse de jets », dont la vocation n’a pas été encore expliquée...
Vue du haut de la Tour Mage, voici la cour d’honneur en cours de travaux. C’est ici que les fondations d’une aile, rajoutée puis rasée au début du 20e, ont été découvertes au début du chantier.
Incroyable...
Les pigeons apprécient aussi le musée, ses charpentes, et ses points de vue hauts perchés. Les ouvriers ont découvert 1,50 m de fiente dans une salle ! Avec des masques à gaz (en raison de leur teneur en ammoniaque), ils ont évacué 50 tonnes en décharge classée !
Des ouvriers d’entreprises ayant la qualification Monuments Historiques, interviennent pour des missions spécifiques du chantier. Ils ont par exemple rebouché une ouverture, créée au 19e siècle et donnant sur le quai Choiseul. Et voilà le résultat final, une semaine après !
Le passage de Bernis permet de relier la cour d’honneur de la terrasse de Bernis. Il sera rebouché à moitié. Pour l’anecdote, sachez que c’était le seul accès possible pour faire entrer la machine géante, dotée d’un bras de 19 mètres, utilisée pour creuser à 9 mètres du sol, l’espace qui accueillera l’auditorium (niveau -1) et les locaux techniques (niveau -2), sous la cour d’honneur. Ces travaux une fois terminés, le sol sera reconstruit à l’identique de ce qu’il était. Durant les travaux, des sondes permettent de surveiller en permanence les déplacements éventuels des parois !
Des ouvriers des Monuments Historiques effectuent les travaux de restauration des salles voûtées, comme ici dans la première salle d’exposition Toulouse Lautrec.
Pour évider la tour, les ouvriers la creusent par passe de 80 cm.
Chaque bloc est découpé à la scie, et fracturé à sa base par un système de pression d’eau injectée, mis au point par un spécialiste italien.
Ce qui évite du bruit, de la poussière et d’autres désagréments.
Chaque bloc de briques, 2mx1m (équivalent à 4 à 5 tonnes !) est emporté par voie aérienne.
Les ouvriers travaillent en relation directe avec le grutier, perché à 55 mètres de haut, grâce à un talkie-walkie.
Délicat... Toute de briques construite, la Tour Mage sera évidée à l’intérieur, sur toute sa hauteur, pour y intégrer l’ascenseur. C’est l’une des opérations délicates du projet.
Elle sera ainsi vidée du tiers de sa masse, ce qui représente 700 m3 de briques, soit 1400 tonnes, à évacuer ! Cette opération pouvant déséquilibrer l’ensemble du bâtiment, tout a été mis en place pour répartir les efforts et le centre de gravité.
Sous surveillance... Durant les travaux, les œuvres du peintre sont soumises à une surveillance amplifiée. Le cabinet Demathieu & Bard, chargé des travaux, a donc placé un système de vidéos, télésurveillance et caméras, relié à une centrale de gardiennage, observant ainsi les mouvements sur le chantier.
Le fût de la grue a été sécurisé pour éviter d’accéder au musée sans y être invité. Et les interfaces entre les salles d’exposition et le chantier sont murées.